Schema Alarme anti-noyade

Un dispositif qui. plonge dans les bassins OU les piscines, donne une alarme sonore et visuelle dès qu'un corps étranger y tombe.

Comment

Un cône détecte et transmet à la centrale d'alarme les vibrations i excessives et anormales de l'eau.

Placé à 40 cm de profondeur. à l'endroit ou elle est la plus calme - généralement : a côté du plongeoir, à l'opposé des arrivées d'eau et dans un coin. ce qui permet une surveillance en diagonale de l'ensemble du bassin -, il est insensible aux légères perturbations de surface et ne génère donc pas de fausses alarmes. Il protège un bassin qui peut avoir jusqu'à 50 mètres de long.

Un voyant rouge s'allume sur la centrale d'alarme si le cône n'est pas en bonne position de travail c'est-à-dire suspendu de façon parfaitement verticale. Ce même voyant s'allume également en cas de mauvais fonctionnement de la centrale - lorsque les piles sont usées ou que le système de recharge solaire des batteries ne procure pas assez d'énergie...

L'hiver, en cas de gel, la protection est encore assurée en remplaçable le cône de défection des vibrations de l'eau par un dispositif réagissant aux bruits de la glace lorsqu'elle se rompt.

Un relais, d'une portée de 80 m en zone construite, permet de transmettre l'alarme du bassin jusqu'à l'intérieur de la maison.

L'echographie Comment ça Marche



Comment ça Marche L'échographie
Il est regrettable que ni l'homme ni la femme ne soient transparents : le diagnostic médical en serait grandement facilité. Mais on peut remplacer les ondes lumineuses par des ondes sonores, qui traversent assez bien la peau, et enregistrer la série d'échos qui donnera assez fidèlement le profil des organes rencontrés.

Toutes les femmes enceintes connaissent l'échographie, laquelle donne une image assez vague et difficile à interpréter du futur bébé. Mais la même technique permet aussi de faire un cliché des reins ou de suivre les contractions cardiaques ; d'ailleurs, au départ, elle servait surtout à sonder les fonds marins plutôt que les courbes des reins. On l'utilisa ensuite en métallurgie pour déceler les pailles ou les criques dans la masse d'un métal, et ce n'est que vers 1975 qu'elle s'est répandue en médecine.



Echo + chrono = distance

Au claquement de mains, on lance le chrono. L'onde sonore va jusqu'à l'immeuble, s'y réfléchit puis revient. A l'instant où elle repasse au point de départ, on arrête le chrono : le temps mis pour faire cet aller et retour, multiplié par la vitesse du son et divisé par deux, donne la distance jusqu'à l'immeuble.




Une « tranche » de bébé

Cette image en éventail reflète fidèlement la série d'échos recueillis quand le mince faisceau d'ultrasons a pivoté de gauche à droite. Ces échos dessinent une coupe de la région balayée par le faisceau. En pratique, le sondage échographique médical se fait en promenant sur la peau une tête dans laquelle tourne une roulette portant quatre émetteurs-récepteurs disposés en croix. La direction et le temps de retour des échos apparaissent directement sur l'écran, dessinant alors une coupe transversale de la zone sondée.

De toute manière, le processus reste le même : lancer un top sonore, recueillir l'écho renvoyé par un obstacle, et mesurer le temps écoulé entre le départ et le retour. Sachant que la vitesse du son est de x m/s (340 dans l'air, 1 430 dans l'eau, 5 000 dans l'acier), le temps mis pour faire un aller et retour à une vitesse connue donne la distance séparant l'émetteur sonore de l'obstacle.

Il est d'ailleurs aisé de faire l'expérience en plein air avec, comme obstacle, une falaise, l'orée d'une forêt ou un groupe d'immeubles. Le plus commode est de se mettre à deux, l'un tenant un chrono au cinquième ou au dixième de seconde, et l'autre donnant le top sonore par un claquement des mains. Le chronométreur lance son appareil dès qu'il entend le claquement et l'arrête à l'instant où il entend l'écho. Telle est la base de l'échographie.

La mesure faite ainsi n'est pas d'une énorme précision, mais elle donne facilement un ordre de grandeur pour des distances supérieures à 200 m - le temps d'un aller et retour du son à 15 °C est de 1,2 s pour 200 m, de 1,75 s pour 300 m et de 2 s pour 340 m. Cette expérience va toutefois révéler très vite les difficultés auxquelles on s'est heurté lorqu'on a voulu affiner la précision de la mesure.

Pour commencer, l'écho est toujours faible ou très faible par rapport à l'intensité du top sonore de départ : les ondes sonores sont peu directives, elles s'étalent en rayonnant autour de l'émetteur, et leur énergie se dissipe vite à mesure qu'elles progressent. En second lieu, il est fréquent de recueillir plusieurs échos, car il est rare de n'avoir qu'un seul obstacle bien délimité : il suffit d'un bouquet d'arbres entre l'expérimentateur et la forêt pour qu'on ait déjà deux échos.

En montagne, où les sons se renvoient d'une paroi rocheuse à l'autre, un simple coup de marteau sur une bonne tôle va donner des échos multiples. Le premier écho revenu correspond bien sûr au premier obstacle rencontré, mais le second peut aussi bien être un reflet du premier écho sur une autre paroi que venir d'un obstacle plus lointain. Faire le tri entre tous les échos de retour demande un bon chronométrage et un moyen d'analyse très affiné, tenant compte à la fois de l'intensité et de la direction du signal réfléchi.



Sondage échographique

Sous le navire, un vibreur électrique envoie de brefs tops sonores qui se réfléchissent sur le fond ou sur tout autre obstacle. Un micro recueille ces échos, et le temps séparant le top de son écho donne la profondeur sous le bateau.

Si le principe est simple, son application l'est donc beaucoup moins. Aussi, le premier domaine qu'on ait exploré avec cette technique de sondage par échos a été le relevé de la profondeur en mer : en principe, il n'y a pas d'obstacles intermédiaires entre un bateau et le fond de la mer, et on ne recueille qu'un seul écho - il peut certes y avoir des poissons, mais un poisson se déplace, et en envoyant plusieurs signaux brefs on peut faire la différence entre les échos venus d'un banc de merlans ou de morues et ceux renvoyés par le fond.

Bien sûr, on n'envoie pas pour cela un matelot sonner la corne de brume au fond de la cale, tandis que le capitaine à demi-immergé attendrait l'écho, chrono garanti étanche en main et cornet acoustique à l'oreille. Les premiers essais remontent à 1919, et les oscillateurs électriques étaient déjà assez bien au point pour qu'on utilise un émetteur électroacoustique - à magnétostriction d'abord, à quartz ensuite.

Les lois relatives aux ondes sonores - et à la plupart des phénomènes vibratoires - montrent que la précision de la mesure dépend du rapport entre la longueur d'onde du son émis et la taille de l'obstacle à évaluer : il faut que les dimensions de l'objet soient grandes comparées à la longueur d'onde du signal émis.

Le son n'étant qu'une succession de pressions et de dépressions se succédant à fréquence constante dans un milieu qui peut être gazeux, liquide ou solide, la longueur d'onde d'une vibration sonore est la distance qui sépare deux maximums de pression, ou deux minimums de dépression. Cette longueur L est liée à la fréquence N et à la vitesse de propagation V par la relation très simple : V = N x L. La vitesse V u son dans l'eau étant de 1 435 m/s, la longueur d'onde de la note musicale La3 (440 Hz) est de 3,26 m.

En utilisant la note musicale La3 comme signal, on aurait donc une précision de l'ordre de quelques mètres. Avec un son un peu plus aigu, entre 2 000 et 3 000 Hz, la longueur d'onde tombe à 50 cm, et la mesure est un peu meilleure. On pourrait monter plus haut la fréquence pour affiner les résultats, mais on se heurte alors à un obstacle majeur : l'énergie acoustique se dissipe d'autant plus vite en traversant l'eau que le son est plus aigu. Autrement dit, la précision augmente, mais l'écho est de plus en plus faible.

Il faut dire aussi que s'ajoutent les phénomènes de réfraction et de diffraction. En effet, les ondes sonores sont soumises à des lois de réflexion et de réfraction qui sont identiques à celles concernant les ondes lumineuses : une onde sonore rencontrant un obstacle plat se réfléchit de telle manière que l'angle d'incidence est égal à l'angle de réflexion. Quand cette onde passe d'un milieu où sa vitesse est v à un autre milieu où sa vitesse est v', elle subit un changement de direction tel que le rapport du sinus de l'angle d'incidence au sinus de l'angle de réfraction est constant et égal au rapport v/v' des vitesses de propagation dans les deux milieux.

On reconnaît là les lois classiques propres aux rayons lumineux. La similitude ne s'arrête pas là ; ainsi, un obstacle étendu fait une ombre sonore si sa largeur est grande par rapport à la longueur d'onde - c'est l'exemple des murs anti-bruit bâtis le long des routes. Une ouverture, telle qu'un trou dans ce mur, se comporte un peu comme elle le ferait pour la lumière si la longueur d'onde du signal sonore est très petite par rapport à l'ouverture : le son continue à se propager à peu près en ligne droite à partir du trou.

Mais cet effet sensiblement directif s'estompe dès que la longueur d'onde du son est du même ordre de grandeur que le diamètre du trou, et elle cesse complètement si le trou est petit comparé à la longueur d'onde. Un son très aigu, par exemple 3 400 Hz, a dans l'air une longueur d'onde de 10 cm ; si ce son est émis derrière un mur sur lequel existe une porte faisant 1 m de large, donc dix fois plus grande que la longueur d'onde du signal sonore, cet effet est facilement perceptible : tant qu'on reste dans l'axe de la porte ouverte, on entend très bien le son émis, alors qu'on cesse pratiquement de le percevoir si on s'écarte nettement du faisceau délimité par cette porte.

Or, pour faire du sondage sonore, on a intérêt à avoir un signal assez directif, d'où la nécessité de recourir à des fréquences bien plus élevées encore qu'un son aigu : en pratique, on utilise le plus souvent des ultrasons allant jusqu'au mégahertz, et ce d'autant plus que, pour une même fréquence, la longueur d'onde augmente à mesure que le son va plus vite : un son de 1 000 Hz a une longueur d'onde de 0,34 m dans l'air, où il se propage à 340 m/s, mais de 1,43 m dans l'eau, où il va à 1 435 m/s, et de 5 m dans un bon acier parcouru à 5 000 m/s.

La fréquence de 1 000 Hz serait donc tout à fait valable pour évaluer des distances dans l'air avec une précision de l'ordre d'une demi-longueur d'onde, soit de 15 à 20 cm ; mais en fait cette technique n'est pas utilisée en géodésie, car le vent, dont la vitesse s'ajoute ou se retranche à celle des ondes, viendrait toujours fausser les mesures. En mer, il y a peu de mouvements verticaux des masses d'eau, et un son de 1 000 Hz convient pour faire des sondages de profondeur avec une précision voisine du mètre.

En revanche, ce même son est complètement inadapté pour faire des mesures dans l'acier, car les pièces à tester n'ont guère plus de quelques décimètres d'épaisseur : une longueur d'onde de 5 m ne pourrait fournir le moindre renseignement. Mais, à 10 mégahertz, la longueur d'onde descend au demi-millimètre, ce qui permet de repérer une crique ou une paille dans la masse du métal : toute discontinuité donne un écho, et cet écho arrivera avant celui correspondant à la face opposée de la pièce.

Mais, à 5 000 m/s, un aller et retour sur une distance allant du décimètre au mètre dure quelques millionièmes de seconde. Pour mesurer des intervalles aussi brefs, il faut des circuits oscillants dont la période soit encore plus petite et donc la fréquence - l'inverse de la période - très élevée. Sans l'électronique, le sondage par ultrasons ne pourrait exister.

L'émetteur est un quartz lié à un circuit intégré, le récepteur n'est autre que le même quartz (l'effet piézoélectrique est réversible) dont les signaux électriques de retour vont transiter par une autre branche du même circuit. Et ce signal va commander l'intensité du spot d'un écran vidéo, ce qui dispense de mesurer le temps : on procède par affichage direct ; sachant que le pinceau d'électrons qui balaye le tube cathodique va du haut en bas de l'écran en une fraction de seconde, que l'on peut ajuster à volonté entre le millième et le millionième, la distance parcourue sur l'écran par le spot donnera directement la profondeur d'où revient l'écho.

Il devient alors possible de ne plus se limiter à une simple mesure de profondeur en un point et de tracer le profil des obstacles rencontrés par le faisceau sonore : il suffit que ce faisceau balaye le terrain de long en large pour que sur l'écran se dessine le relief rencontré par le signal. Ce relief peut être celui des fonds marins sous un navire, mais aussi les contours d'une soudure entre deux métaux différents ou des discontinuités au sein d'un mélange de liquides.

Notons que la courbe qui va se dessiner sur l'écran cathodique ne représente que le profil d'une tranche de l'objet sondé par ultrasons : c'est une coupe, et non une image représentant des volumes, comme une photographie ou un tableau.

Précisons aussi qu'il y a écho du signal sonore dès que le train d'ondes passe d'un milieu dans un autre, même peu différent : par exemple, une pièce de fer soudée sur une pièce de bronze constitue une transition entre deux milieux différents, bien qu'il s'agisse de métal dans les deux cas. Mais la vitesse du son n'est pas la même dans le cuivre et dans l'acier, et il y a donc réfraction et réflexion des ondes sonores à l'interface des deux métaux. Il en est de même à la limite entre deux liquides ne se mélangeant pas, comme l'eau et l'huile : l'échographie médicale repose justement sur ce fait.

Les organes animaux sont faits de substances renfermant eau et graisse en proportions variables et séparées par des membranes bien délimitées. Pour une onde sonore envoyée à travers la peau, il y a donc changement de milieu et réflexion à chaque fois. Sur l'écran, on va alors voir se dessiner le profil des organes sondés, exactement comme si on en avait une « tranche » devant les yeux. Certes, l'image donnée est beaucoup moins nette que si on avait vraiment prélevé une partie de l'organe, mais, en contrepartie, le grand avantage de l'échographie par ultrasons est de n'occasionner aucune lésion : il s'agit de ce qu'on nomme dans l'industrie un test non destructif.

En pratique, la tête de sondage affecte la forme d'un cylindre que l'on promène sur le ventre de la femme enceinte. Dans ce cylindre tournent quatre pastilles piézoélectriques (quartz ou céramique) montées en croix autour d'un axe ; dans son mouvement de rotation, chaque pastille balaye donc en éventail une tranche du corps, et les échos de retour dessinent sur l'écran un profil de cette tranche.

Les impulsions sont très brèves - chaque train d'ondes ultrasonores dure moins d'un millionième de seconde -, et l'opérateur surveille sur l'écran le dessin correspondant à la tranche étudiée. La vérité oblige à dire qu'il faut un oeil très entraîné pour discerner les pattes d'un bébé dans ce dessin aux courbes molles et estompées. Mais un praticien averti arrive à très bien voir l'organe dans ces contours un peu flous, et il y repère toute anomalie aussi aisément qu'un chef d'orchestre décèle une fausse note dans un concert.

Le four a micro-ondes Comment ça Marche

 Comment ça Marche Le four à micro-ondes
On fait de la cuisson sur ondes électromagnétiques depuis que le monde est monde : en mettant le gigot au-dessus des braises. On les a aujourd'hui remplacées par un magnétron, qui émet des ondes un peu plus longues que l'infrarouge ; mais le principe reste le même.

Faire la cuisine avec la radio est fort courant : d'une main on règle la station et de l'autre on tourne la casserole sur le gaz. Cela se fait depuis plus de cinquante ans. Mais, et c'est plus récent, on descend des grandes ondes aux petites ondes, de là, aux ondes courtes, puis aux ultra-courtes de la modulation de fréquence. Encore un cran vers le bas, et on arrive aux micro-ondes : plus besoin de gaz, on met directement la casserole sous l'émission radio, et le plat est cuit en moins de deux minutes.

Finalement, on cuisine bien avec la radio ou, plus précisément, avec un émetteur radio, qui aurait aussi bien pu servir au radar de l'aérodrome voisin ou à la retransmission du match retour Agen-Béziers. C'est ici qu'il faut rappeler une chose à laquelle on pense rarement : les ondes radio transportent de l'énergie. Les opérateurs radar y font attention, pas les auditeurs de la radio ou les spectateurs de la télévision.

Certes, il faut tenir compte de la manière dont cette énergie est absorbée et, pour cela, donner un premier coup d'oeil au vaste spectre des ondes électromagnétiques. Celles-ci sont faites de la propagation simultanée d'un champ électrique et d'un champ magnétique, dont les plans d'oscillation sont à angle droit ; ces oscillations sont sinusoïdales, et leur vitesse de propagation est de 300 000 km/s.


La fréquence de ces oscillations va du plutôt lent à l'hyper-rapide : de quelques périodes par seconde à des milliards de milliards de périodes par seconde, sans que l'on sache très bien où se situent les limites aux deux extrémités - la seule chose certaine étant qu'il n'y a ni infiniment lent ni infiniment rapide, l'infiniment petit et l'infiniment grand étant des notions essentielles en mathématiques, mais peu réalistes en physique.

Un champ magnétique est capable, on le sait, d'actions à distance : un aimant peut soulever un clou, donc fournir un travail ; un champ magnétique est donc porteur d'une certaine énergie potentielle. Il en va de même du champ électrique, bien que son action soit, à notre échelle, moins forte ; mais une tige de plastique électrisée peut attirer des brins de fil ou des miettes de polystyrène expansé : là encore il y a travail, donc énergie.

Un champ électromagnétique transporte donc de l'énergie ; mais, selon sa fréquence, nous serons sensibles ou insensibles à cette énergie. L'unité de fréquence est le hertz, une oscillation par seconde, mais on peut aussi caractériser un phénomène périodique par sa longueur d'onde, distance qui sépare deux maxima ou deux minima d'intensité - par exemple, dans le cas d'ondulations à la surface de l'eau, la longueur d'onde est l'écart entre deux crêtes ou deux creux de vagues.

Il en découle que la vitesse de propagation d'un phénomène oscillant est égale au produit de la longueur d'onde par la fréquence. Pour les ondes électromagnétiques qui nous intéressent ici, les longueurs d'onde auxquelles nous sommes particulièrement sensibles sont celles qui vont de 0,4 mm à 0,8 mm (1 mm = 1 millième de mm) et que nous percevons comme lumière visible. Un éclair de flash dans les yeux, un rayon de Soleil un peu vif nous prouvent tout de suite que cette lumière transporte de l'énergie. En revanche, une statue de verre ne sentirait rien puisque la lumière traverse le verre sans être absorbée et sans y laisser son énergie.

Face à un rayonnement électromagnétique, il existe donc des matériaux qui sont transparents, d'autres qui sont opaques (le rayonnement est absorbé et cède son énergie), et d'autres enfin qui sont réfléchissants (le rayon rebondit sur la surface).

En pratique, il y a toujours simultanément les trois processus, transmission, absorption, réflexion, mais en général l'un d'eux prédomine et les deux autres restent négligeables. Tout dépend de la fréquence du rayonnement et de la nature de la substance : un même élément peut être surtout transparent pour une fréquence, plutôt opaque pour une autre, de nouveau transparent pour une troisième, et ainsi de suite.

C'est ainsi que, au-delà des fréquences que nous percevons comme lumière violette, existent des rayons ultraviolets, puis X, puis gamma - en allant vers des fréquences de plus en plus hautes comme on monterait les gammes vers les aigus sur un clavier de piano. Nous ne percevons pas directement les ultraviolets bien que la peau, qui leur est opaque, y soit très sensible : l'énergie absorbée se traduit par des coups de Soleil et des réarrangements moléculaires qui peuvent mener à des tumeurs.

En descendant les fréquences dans l'autre sens vers le bas, à partir du rouge, on trouve d'abord l'infrarouge qui pénètre plus profondément dans la peau que le visible : son énergie est absorbée, ce qui se traduit par un échauffement que tout le monde a éprouvé : on sent à distance la chaleur d'un fourneau ou d'un tas de braises, et on peut constater qu'effectivement la peau et les habits commencent à être vraiment chauds.

Un rayonnement infrarouge intense, comme celui dégagé par un incendie ou par la coulée d'un haut fourneau, entraîne en peu de temps, et même à plusieurs mètres, une élévation de température telle qu'il y a brûlure nette de la peau et inflammation des vêtements - ou de toute autre matière combustible laissée longtemps à proximité de la source de rayonnement.

L'infrarouge s'étend, en longueur d'onde, de 1 mm à 1 mm. Au-delà commence le domaine des micro-ondes, celles des radars, des radiotélescopes et des fours dont on se sert à la cuisine. Précisons toutefois que les ondes restent de même nature, qu'il s'agisse des rayons X, d'une lumière verte ou des grandes ondes de la radio ; dans tous les cas, il s'agit toujours des ondes électromagnétiques.

L'effet des ondes sur la matière dépend des propriétés électriques et magnétiques du matériau rencontré, mais obéit aussi à ce qu'on appelle l'effet d'échelle : à très haute fréquence, les longueurs d'onde sont proches des dimensions moléculaires, et les rayons x ou gamma agissent directement sur les particules atomiques, sur les atomes et sur les molécules. Ce sont des rayonnements ionisants ; ils traversent la plupart des corps organiques et, plus difficilement, les métaux, mais leur passage se traduit par des modifications de répartition des charges dans les atomes (c'est l'ionisation).

Les ultraviolets sont beaucoup moins pénétrants : les métaux les réfléchissent en majeure partie mais ils pénètrent les corps organiques sur une faible profondeur. A partir du visible, les métaux deviennent complètement réfléchissants pour toutes les longueurs d'onde, mais il n'en va pas de même des tissus animaux : l'infrarouge, nous l'avons dit, pénètre plus loin que le violet, et les micro-ondes traversent plusieurs centimètres avant d'être totalement absorbées.

Au-delà, pour les longueurs d'onde dépassant quelques mètres, les corps organiques redeviennent transparents comme ils l'étaient pour les rayons X : les ondes radio traversent un animal ou un arbre aussi aisément et sans plus de conséquence que la lumière traverse le verre. C'est donc entre le micromètre de l'infrarouge et les 30 cm des micro-ondes qu'il y a le maximum de pénétration et d'absorption du rayonnement.

Du moment où le rayonnement est absorbé, son énergie l'est aussi ; dans le cas des tissus animaux, cette énergie va se retrouver sous forme de chaleur. La longueur d'onde de l'infrarouge est proche de la dimension d'une cellule, et l'absorption commence dès les premières cellules rencontrées, donc sur une faible profondeur. L'énergie électromagnétique se retrouve sous forme d'agitation moléculaire, laquelle traduit tout simplement une élévation de température en surface.

Dès l'invention du feu, on a cuit les aliments aussi bien par contact avec une pierre chauffée sur les flammes que par transformation en chaleur d'un rayonnement électromagnétique : la cuisine avec des ondes date de la préhistoire. Quand on expose un morceau de viande à un tapis de braises, la chaleur des braises n'est pas transmise par conduction puisqu'il n'y a pas contact.



Une seule onde, des milliers de sources
Les rayonnements élecromagnétiques s'étendent sans discontinuité des rayons gamma aux grandes ondes radio : seule change la fréquence du phénomène, mais pas sa nature. A chaque fois, nous avons symbolisé l'un des émetteurs possibles d'une gamme de fréquences et, au-dessus, l'un des récepteurs adaptés à cette gamme.

En réalité, c'est le rayonnement infrarouge émis par ces braises qui est absorbé et transformé en chaleur à la surface de la viande. Les infrarouges pénétrant peu, la surface se trouve vite grillée tandis que l'intérieur reste rose ou carrément rouge. La viande n'est jamais vraiment cuite en profondeur, bien que la chaleur de la surface se transmette lentement par conduction à tout le morceau. Ce style de cuisson est toujours utilisé sur les braises de la cheminée, sur celles du barbecue, ou avec des résistances portées au rouge dans les grille-pain.

Si l'on veut une cuisson en profondeur, il faut utiliser une plus grande longueur d'onde, de l'ordre d'une dizaine de centimètres. Mais ces rayonnements, qui existent en proportion infime dans le rayonnement solaire ne sont émis ni par les flammes ou les braises, ni par des filaments portés à incandescence par effet Joule. En revanche, on peut les obtenir avec un émetteur d'ondes radio d'un type très particulier, le magnétron, qui ne sera pleinement maîtrisé que dans les années 1935 et servira d'abord et avant tout pour les radars.

Ce n'est qu'en 1947 qu'il sera utilisé pour la cuisine dans des cantines militaires. Le magnétron est une sorte de lampe à vide constituée d'un corps d'anode (positif) cylindrique entourant une cathode (négatif) axiale chauffée par un filament à basse tension. On applique une haute tension - de 4 000 à 5 000 volts - entre cathode et anode, et un aimant permanent donne unchamp magnétique intense dans l'axe de l'anode.

Sans ce champ magnétique, les électrons émis par la cathode portée à incandescence seraient attirés radialement vers l'anode sous l'influence du champ électrique dû à la haute tension. Mais s'il n'y avait que le champ magnétique, ils décriraient une boucle les ramenant vers la cathode. En présence des deux champs, les mouvements se composent et les électrons tournent autour de la cathode en un nuage qui a la forme d'une hélice à plusieurs pales.

Comme on le voit sur le dessin, l'anode est creusée de cavités communiquant par des fentes avec le trou central occupé par la cathode. En tournant, le nuage d'électrons engendre des ondes électromagnétiques dont la longueur d'onde est déterminée par le diamètre des cavités qui jouent le rôle de cavités résonantes. Ces ondes sont récupérées par ce qu'on appelle une boucle de couplage et envoyées dans le four lui-même, où sont placés les aliments à chauffer.



La source de chaleur du micro-onde
Le magnétron, qui équipe tous les fours à micro-ondes et une bonne partie des radars, est fait d'une anode cylindrique (1) percée d'alvéoles (2) communicant avec la cavité centrale où se trouve une cathode chauffée (3) qui libère des électrons ; ceux-ci sont soumis à la fois au champs magnétique d'un aimant (4) et au champs électrostatique de la haute tension qui règne entre cathode et anode. Sous l'influence de ces deux champs, les électrons tournent en nuages regroupés en ailes de moulin qui engendrent, lors de leurs passages devant les alvéoles, des ondes de haute fréquence qui entrent en résonance dans ces cavités. Une boucle de couplage (5) recueille ces ondes qui seront dirigées vers l'enceinte du four.

En pratique, la fréquence utilisée est de 2 450 mégahertz - il y a 2 milliards 450 millions d'oscillations par seconde -, ce qui correspond à une longueur d'onde de 12,24 cm. Cette longueur est de l'ordre des dimensions humaines, telle la taille d'une main ou d'un muscle, et il y a donc un effet de couplage important. Toutefois, ce sont les propriétés électriques de la matière animale ou végétale qui vont conditionner l'action de ces micro-ondes.

Les aliments, qu'il s'agisse d'une tranche de rôti ou d'une pomme de terre, renferment surtout de l'eau : de 75 % à 90 % si l'on exclut les os. C'est donc l'action des micro-ondes sur l'eau qui va être essentielle. Or, la molécule d'eau n'est pas électriquement neutre, elle fait partie des molécules, dites polaires, dans lesquelles existe un couple de deux charges électriques voisines, de valeurs absolues égales mais de signes contraires - ce couple forme un dipôle électrique.

Ce dipôle se comporte dans un champ électrique comme une aiguille aimantée dans un champ magnétique : il s'oriente dans le sens des lignes du champ. On vérifie facilement ce fait en approchant un corps électrisé (barreau de plastique frotté sur un tissu sec) d'un filet d'eau coulant du robinet : le filet est dévié par le champ électrique du barreau.

Quand un faisceau de micro-ondes traverse de l'eau, ou un milieu fortement hydraté, toutes les molécules s'orientent dans le sens du champ électrique de ces ondes. Mais comme ce champ change de sens des milliards de fois par seconde, les molécules suivent le rythme et basculent sans cesse à la même fréquence - chacune se comporte comme l'aiguille d'une boussole au-dessus de laquelle on ferait se balancer un aimant.

Ces oscillations entraînent des milliards de chocs qui augmentent l'agitation moléculaire naturelle, à la fois en fréquence et en amplitude. Comme l'agitation moléculaire correspond à la température, celle-ci s'élève. L'énergie du faisceau de micro-ondes se retrouve sous forme de chaleur et ce, jusqu'à une profondeur qui peut atteindre plusieurs centimètres. Contrairement aux ondes infrarouges qui ne cuisent qu'en surface, les micro-ondes cuisent en profondeur.

Mais comme le transfert d'énergie se fait dans un plus grand volume, à énergie rayonnée égale la montée en température est plus lente : un être vivant perçoit tout de suite un rayonnement infrarouge et s'en écarte par réflexe, mais il ressentira trop tard un rayonnement micro-onde, quand la cuisson des zones profondes aura déjà commencé. De là les consignes très sévères prises autour des radars, et la présence de plusieurs dispositifs de sécurité sur les fours micro-ondes destinés à la cuisine

La Montre A Quartz

 La Montre A Quartz
Avoir toujours au poignet l'heure exacte, quasiment à la seconde près, est chose si ordinaire aujourd'hui qu'on n'y prête plus attention. Or, cette précision de laboratoire, impensable il y a seulement vingt ans, on la doit au quartz, dont le fonctionnement reste beaucoup plus mystérieux que celui d'un balancier d'horloge.
Si l'on excepte quelques passionnés de belles mécaniques qui ont encore au poignet une Rolex ou une Longines, tout le monde porte aujourd'hui une montre électrique à quartz, dont la précision à long terme est considérable : en moyenne, la dérive n'excède guère plus de trois secondes par mois, soit à peine plus d'une demi-minute dans l'année. Autant dire qu'en pratique on n'a jamais besoin de remettre sa montre à l'heure - à part pour les stupides changements d'heure au début et à la fin des beaux jours.
Cette stupéfiante stabilité est si vite entrée dans les moeurs que nul n'y fait plus attention. Pourtant, il y a seulement une vingtaine d'années, il n'y avait que des montres mécaniques à balancier spiral dont les meilleures versions, parfaitement réglées, dérivaient tout de même de ± 2 secondes par jour . Les modèles ordinaires, quant à eux, prenaient facilement quinze secondes par jour, d'où la nécessité de remettre la montre à l'heure toutes les semaines.
En contrepartie, le fonctionnement de ces montres mécaniques était connu de tous, car les horloges à balancier étaient encore courantes et rares ceux qui, dans leur enfance, n'avaient pas ouvert ou démonté un réveil. Le ressort qu'on remontait, le balancier spiral, l'ancre, les engrenages étaient choses familières. Il en va tout autrement avec le quartz qu'on imagine le plus souvent à l'image de ce que fournit la nature, un prisme cristallin transparent terminé par une petite pyramide, genre taille diamant ou pendeloque de lustre.


Comment ce cristal donne-t-il l'heure ? Cela reste un mystère insondable pour beaucoup. Pour lever ce mystère, il faut remonter à 1817, année où l'abbé Haüy, un des fondateurs de la cristallographie, découvre que certains corps cristallisés présentent sur leurs faces des charges électriques dès qu'on les soumet à des contraintes ; autrement dit, dès qu'on tire ou appuie dessus. Il fallut pourtant attendre la communication de Pierre et Paul Jacques Curie à l'Académie des sciences en 1880 pour que ce phénomène, dit de piézo-électricité, soit vraiment connu et quantifié par une loi : la charge électrique recueillie est proportionnelle à la force exercée.
L'année suivante, Gabriel Lippmann montrait que le processus est réversible et que les champs électriques appliqués à certaines faces produisent une déformation du cristal. Parmi les corps piézo-électriques, le plus courant et le plus intéressant est le quartz, qui n'est autre que de la silice cristallisée (oxyde de silicium SiO2). Celle-ci est le minéral le plus abondant sur Terre puisque le sable, le gneiss, le granit, le grès sont à base de silice. L'aspect du quartz tel qu'il se présente à l'état naturel dans les roches est connu : il forme des prismes hexagonaux transparents, terminés par une face pointue. Mais, une fois taillé et poli, il peut prendre toute forme voulue, depuis le cube jusqu'à la sphère. Pour les spécialistes, le réseau cristallin du quartz se repère par trois axes, selon lesquels ses propriétés physiques sont différentes (on dit qu'il est anisotrope) : un axe optique Z dans la longueur du prisme, un axe mécanique perpendiculaire à un couple de faces, et un axe électrique parallèle à ces faces et passant donc par deux arêtes opposées. C'est cet axe électrique qui va nous intéresser ici.
Comme tous les solides, le quartz est élastique, au même titre que le verre, l'acier et la porcelaine. Il peut donc être le siège de vibrations quand on l'écarte de sa position d'équilibre et qu'on l'abandonne, comme un ressort en acier sur lequel on tire brusquement. Mais comme le quartz est piézo-électrique, toute déformation donne naissance à un champ électrique (celui lié aux charges qui apparaissent sur les faces), et réciproquement. Or, une vibration n'est autre qu'une suite de déformations périodiques alternées, lesquelles vont engendrer des courants périodiques alternés - autrement dit, des courants alternatifs. Qui plus est, le quartz étant un cristal très dur, ses fréquences de vibration sont très élevées : des dizaines de milliers de hertz, ce qui met le son engendré par ces vibrations au niveau des ultrasons.
Quand on applique une tension électrique sur les deux faces d'un quartz, il se déforme en flexion, en extension ou en cisaillement selon la disposition des électrodes. Quand on coupe brusquement le courant, il oscille, tout comme une lame élastique sur laquelle on a tiré et qu'on relâche d'un seul coup. Mais, parce que le quartz est piézo-électrique, ces oscillations vont engendrer un courant alternatif de même fréquence que les vibrations.
En couplant de manière appropriée le courant d'entrée, qui va servir à entretenir les vibrations du quartz (tout comme on entretient les oscillations d'une balançoire en donnant une petite poussée à chaque passage), et le courant de sortie, qui va servir à découper le temps, on obtient un résonateur à quartz dont les oscillations ont une remarquable constance. Il ne reste plus qu'à compter ces oscillations pour avoir une horloge.
Il faut bien voir en effet qu'on ne sait pas mesurer le temps de manière continue, comme le ferait une lourde toupie bien lancée, car aucun phénomène rotatif n'est stable à notre échelle. On en est donc réduit, depuis les débuts de l'horlogerie, à fractionner le temps et à compter ces fractions en espérant qu'elles soient toutes rigoureusement égales, ce qui, bien entendu, n'est jamais vraiment le cas. Le balancier des horloges - dont les oscillations sont entretenues par un système de cliquets agissant sur une roue à rochet mue par un ressort ou des poids - découpe le temps en fractions à peu près égales à condition que la température ne change pas (le balancier s'allonge ou raccourcit selon qu'il fait chaud ou froid), que les frottements des engrenages restent constants, etc.
Le balancier spiral des montres et des réveils est soumis aux mêmes problèmes et, sauf pour le matériel de laboratoire, les oscillations sont loin d'être toutes d'égale durée. Comme on mesure le temps en additionnant toutes ces oscillations, les écarts interviennent aussi dans le total et le décompte final s'écarte de plus en plus de l'heure réelle (celle définie par les mouvements astronomiques ou, plus récemment, par les oscillations des atomes).
Avec des horloges à balancier installées dans les sous-sols des observatoires, à l'abri de la moindre secousse, de la plus infime variation de tempé- rature ou de pression, on pouvait réduire ces écarts au point d'avoir une heure plus précise que la rotation de la Terre sur elle-même. Mais avec un bracelet-montre, basculé et secoué toute la journée au bout du bras, la somme des écarts dépassait toujours une seconde au bout de vingt-quatre heures.
Les ingénieurs qui concevaient les mouvements d'horlogerie savaient depuis longtemps que la seule manière de réduire ces écarts était d'augmenter la fréquence du balancier spiral, ce qui était mécaniquement très difficile : une roue oscillant autour de son axe ne peut pas faire des milliers d'aller et re- tour par seconde. En revanche, un simple diapason d'accordeur de piano, vibrant à 440 hertz, aurait constitué un régulateur bien supérieur.
De fait, malgré la difficulté inhérente à la conversion d'une vibration en rotation, il y eut des horloges et même des montres à diapason. Mais, dès les années vingt, les chercheurs pensèrent au quartz qui commençait à être utilisé pour régler la fréquence des émetteurs radio, et dont les vibrations sont de 100 à 1 000 fois plus rapides que celles des diapasons. A partir de 1930, les Allemands Scheibe et Adelsberg mirent au point des horloges de laboratoire dont l'organe régulateur était un barreau de quartz. Les vibrations à 100 000 hertz étaient entretenues par des circuits à lampes triodes. Le comptage des oscillations posait de gros problèmes à cette époque, et pourtant la comparaison des horloges Scheibe avec les meilleures horloges à balancier des observatoires prouvait que le quartz donnait la même précision.
Or, le balancier était au sommet de son art, alors que le quartz n'en était qu'à ses débuts. La Deuxième Guerre mondiale interrompit les recherches ; mais, à partir de 1950, tous les observatoires astronomiques s'équipèrent d'horloges à quartz qui avaient beaucoup progressé et dont la précision dépassait nettement celle des balanciers. L'invention des transistors puis celle des circuits intégrés allaient permettre de miniaturiser cette technique et de lui donner un essor fantastique : les pendules, les réveils, les montres sont quasiment tous aujourd'hui  à quartz.
Il faut dire que le dispositif est d'une remarquable simplicité : un morceau de quartz unique, mis en vibration (le plus souvent à 32 768 hertz, soit 32 768 oscillations/seconde), dont le courant de sortie est compté par des circuits intégrés, similaires à ceux qui font les opérations dans les calculatrices, puis affiché par des cristaux liquides ou des aiguilles commandées par un moteur pas-à-pas.
Dans les montres, le quartz, toujours minuscule, est un diapason dérivé du diapason présenté par Karolus en 1954. Dans les pendules ou les réveils, il a la forme d'une mince pastille. Dans tous les cas, il est enfermé sous vide dans un petit conteneur en cupronickel. Les branches du diapason, ou les faces du disque, sont métallisées par dépôt sous vide d'or, d'aluminium ou de chrome. Ce film métallique sert d'électrodes pour amener le courant sur le quartz.
Le dessin des électrodes est calculé sur ordinateur, car il joue un rôle essentiel dans la qualité du résonateur, le quartz servant à la fois d'oscillateur mécanique et d'isolant du condensateur dont les armatures sont les dépôts métalliques. Il faut bien voir que ce qui change entre la montre à diapason, telle qu'elle a brièvement existé vers 1965, et la montre à quartz actuelle, c'est le mode de comptage des oscillations.
Dans le premier cas, un cliquet attaché à une branche du diapason métallique poussait une dent d'une roue à rochet à chaque oscillation. Dans le second, la vibration mécanique du cristal de silice est transformée en courant alternatif par effet piézo-électrique, et un circuit électronique compte les alternances. Mais, dans les deux cas, il s'agit d'un matériau élastique mis en vibration. La montre mécanique utilise d'ailleurs aussi les oscillations d'un petit ressort élastique mis en spirale, l'ancre et la roue d'ancre servant à compter les aller et retour d'une minuscule toupie liée au ressort.
Le gain en précision reste essentiellement dû à l'augmentation de fréquence du système oscillant : de 2,5 à 5 hertz pour le balancier spiral, 300 Hz pour le diapason métallique, 32 768 Hz pour le diapason quartz. Celui-ci est l'équivalent d'un balancier qui oscillerait encore au bout d'un mois sans qu'on lui ait redonné le moindre élan.
Une performance due à sa nature cristalline et qui explique son exceptionnelle régularité : en labboratoire, le quartz garantit un écart ne dépassant pas une seconde en 275 ans

    Légende:

En A, la pile miniature comme source d'énergie
En B, le résonateur à quartz, vibrant à une fréquence  stable et précise de         32768 Hz
En C, le circuit intégré divise la fréquence successivement 15 fois par 2 pour arriver à une fréquence de 1 Hz soit égale à une seconde.

 Enfin un micro moteur électrique en D, est "excité" par les signaux obtenus et pas à pas il transforme les impulsions de secondes en mouvement précis qui actionnent le rouage des aiguilles en E.